
Le Bild crucifié sur l'autel politique?
On l'a appris il y a quelques jours, le Bild à la française ne sera pas. Il devait, à terme, employer 300 personnes, investir 120 millions d’euros et, accessoiremment, apporter uun peu d'oxygène à une presse quotidienne a bout de souffle. Au lieu de cela, il laisse sur le carreau 42 cadres déjà recrutés. Des cadres, des journalistes qui avaient lâché un boulot, des opportunités pour se lancer dans l'aventure.
Le travail en amont des 42 pigeons est parti à la poubelle à la seconde où, à Berlin, début juin, le groupe Axel Springer (l'actionnaire de Bild) a décidé d'abandonner le projet. Robin Leproux, le patron d’Axel Springer France, a démissionné. La filiale française se trouve donc sans dirigeant.
Officiellement, l'abandon est dû à des "incertitudes en matière de distribution" (dixit Mathias Döpfner, le patron allemand du groupe Axel Springer). Une raison "fallacieuse" pour Le Point. En interne, on explique que les problèmes de distribution du titre étaient en grande partie résolus avec les NMPP et, de toute façon, ne remettaient pas en cause la viabilité du journal."Il s’est passé des choses à Berlin sur lesquelles il faudra prendre le temps de se pencher", a indiqué l’un des 42 martyrs. "Ce journal faisait peur à la classe politique française. Y a-t-il eu des pressions exercées sur l’actionnaire allemand?", s’interroge un autre martyr.
On le sait, le Bild allemand ne ménage pas les people, et encore moins les politiques. On sait aussi que sa version française avait pour projet - entre autres - de bousculer les élus locaux des grandes villes en vue de la campagne électorale des municipales de 2008. C'est pourquoi des journalistes locaux avaient été recrutés.
A lire: l'interview de Andreas Wiele (président des magazines et de l'international du groupe allemand Axel Springer) dans Le Figaro.
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