
Les médias et les politiques nous le répètent: avec Nicolas Sarkozy, l'Elysée change de style. Président la joue jet-set (Fouquet's, yacht, paillettes), chausse les baskets entre deux réunions pour un jogging, embrasse chaudement son homologue allemande quand Chirac se contentait d'un baise-main, s'embarque dans une voiture balai sur le Tour de France, refuse la traditionnelle interview du 14 juillet, invite les éclopés de la vie à sa garden-party, etc. Certains vont plus loin: Sarkozy serait le "Kennedy" français. Samedi, il a d'ailleurs trouvé sa "Marylin" en la personne de ... Michel Polnareff!
Et oui, samedi, plus de 600 000 personnes, (selon les chiffres de la police), étaient massées sur le champ de Mars pour assister au "concert de la fraternité" organisé par NS. En guest star, Michel Polnareff, plus populaire que jamais en cette année de retour. L'artiste avait revêtu pour l'occasion une cape bleu-blanc-rouge. Mais il a poussé le patriotisme plus loin: il a remercié NS sur scène, en s'embarquant dans un discours qui frôlait la propagande. "Je suis très flatté d'avoir été invité. Il y a une personne que je voudrais remercier, c'est Nicolas Sarkozy. (...) M. Le président, avec tout mon respect, je vous dis merde pour que vous nous ameniez au paradis de notre vivant", a-t-il lancé avec des airs de porte-parole des 600 000 spectateurs. Avant de clôturer son concert sur "Nous irons tous au paradis".
Pour être sûr que le message passe, il a chanté le même air dans un entretien à M6, qui retransmettait le concert en direct: "Je suis très flatté et très touché" (d'avoir été sollicité par l'Elysée pour ce concert)."Le président qui vous demande de faire ça, c'est quelque chose qu'on reçoit comme un grand honneur".
Certes. Mais on peut douter de la sincérité et la spontanéité de cet élan patriotique. Polnareff a été invité par Sarkozy, qui l'avait reçu mercredi à l'Elysée. Il lui avait même passé commande: le chanteur devait interpréter "Lettre à France", "parce qu'il parle tellement bien de la France". Evidemment, NS a assisté au concert (avec sa femme et sa fille Judith). Evidemment il était, à l'issu du spectacle, en transe: "Il y a des centaines de milliers de personnes, des artistes exceptionnels, tout le monde est content. Il y a plein d'énergie positive. C'est exactement ce que je voulais"
Polnareff a bien travaillé. C'est une poupée qui fait oui. Encore une courbette devant Sarkozy dont on se serait bien passé. Surtout dans une journée dite "nationale" comme le 14 juillet.
A lire:
Le 14 juillet "en rupture" du président Sarkozy, dans Le Figaro.
NS se félicite de la beauté des femmes de sa vie, dans Libé.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire