
"Depuis dimanche, Cécilia Sarkozy est en Libye pour tenter d'obtenir la libération des infirmières bulgares." La phrase est dans tous les médias. Et ne choque personne. Ou presque. En onze jours, la Première dame s'est rendue à deux reprises en Libye pour aller jouer les "Zorro" auprès de Kadhafi, le dirigeant libyen. A quel titre? Personne n'en sait rien, et tout le monde s'en fiche.
L'enjeu officiel: libérer les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, condamnées à mort en Libye pour avoir inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants. Plus officieusement pour s'attribuer les mérites d'un règlement de la crise. Une crise très médiatisée... Selon "Le Monde", "certains responsables européens ont exprimé en privé leur agacement quant au récent rôle pris par le président français dans ce dossier : Nicolas Sarkozy leur semble vouloir revendiquer le mérite d'un heureux dénouement, alors que Bruxelles négocie patiemment, depuis trois ans, avec la Libye."
Il n'est pas nouveau de voir des femmes de présidents s'activer, "à titre personnel". Anne-Aymone Giscard d'Estaing organisait ses soirées de bienfaisance au château de Versailles au profit de sa Fondation pour l'Enfance. Danielle Mitterrand a mené de front de multiples combats, de son engagement politique tiers-mondiste à sa fondation "France Liberté", en passant par son soutien à Fidel Castro. Bernadette Chirac avait sa cagnotte "pièces jaunes" qu'elle ne lâchait pour rien au monde. Mais les virées de Cécilia Sarkozy en Libye sentent le coup médiatique à plein nez. Comme si son président de mari ne pouvait pas occuper tous les terrains. Comme s'il fallait trouver une occupation médiatique à sa femme, dont beaucoup disent qu'elle a déserté l'Elysée.
Le problème: C.S. ne semble justement pas là-bas "à titre personnel", comme veulent bien le dire les collaborateurs du président. Elle est certes accompagnée du secrétaire général de l'Elysée (Claude Guéant) et du commissaire européen chargée des relations extérieures, mais derrière elle, c'est le marionnettiste Nicolas Sarkozy qui tire les ficelles.
La question se pose donc légitimement: à quoi sert Bernard Kouchner? Que fait-il au gouvernement? Ministre du Kosovo?
A lire:
- Dans Libé: Des voix se sont élevées contre le premier voyage de Cécilia Sarkozy.
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