
C'est le quotidien anglophone le "International Herald Tribune" qui se penche aujourd'hui sur la question de la place laissée à la réflexion sous l'ère sarkozienne, dans un long article intitulé "Travailler, ne pas penser" .
Invités de cette page 4: des intellectuels français, BHL et Alain Finkielkraut en tête. A l'origine de cet article, il y a bien sûr les déclarations de Christine Lagarde. La semaine dernière, à la tribune de l’Assemblée nationale, notre ministre des Finances avait affirmé: "la France est un pays qui pense. J’aimerais vous dire: assez pensé maintenant, retroussons nos manches". Avec de tels propos, Jean-Pierre Raffarin n'a qu'à bien se tenir! (cf mon post du 9 juillet).
Dans le quotidien international, la journaliste Elaine Sciolino écrit: "[en France], pays qui a produit les Lumières, (...), la pensée a perdu de son cachet dans le gouvernement du Président Sarkozy. (...) Le nouveau président lui-même a cultivé cette image de non-intellectuel", estime-t-elle, s'appuyant sur les propos du chef de l’Etat à la télévision le mois dernier: "Je ne suis pas un théoricien. Oh, je ne suis pas un intellectuel! Je suis quelqu’un de concret!"
Et de citer le "plus clinquant des philisophes-journalistes», Bernard-Henry Lévy. Qui dit, très inspiré: "C’est le genre de chose que vous pouvez entendre dans des conversations de café, de la part d’abrutis qui boivent trop. (...) A ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire moderne de la France qu’un ministre ose débiter ce genre de phrases. Je suis pro-Américain, pour le marché, j’aurais donc pu voter pour Nicolas Sarkozy mais cette tendance anti-intellectuelle est une des raisons pour laquelle je ne l’ai pas fait."
BHL pousse le mépris un peu plus loin: auteur d'un livre sur le voyage de Tocqueville aux Etats-Unis, l'intellectuel ajoute que la ministre, qui a invoqué Tocqueville dans son discours, a été "trop sélective" dans ses citations du philosophe. Alors il lui a suggéré de relire les œuvres complètes. "Sur son temps libre", précise le Herald Tribune.
Même ton chez le deuxième larron, Alain Finkielkraut, pourtant soutien implicite de NS durant la campagne. "Quelle absurdité de dire que l’on devrait penser moins. Si vous avez la chance de consacrer votre vie à la pensée, vous travaillez en permanence, même dans votre sommeil."
Traduction: Libé.
1 commentaires:
Ah oui, la super phrase de Lagarde, je l'avais vu dans le Time Magazine, c'était bien mis en valeur dans le magazine, genre "enfin une Française qui pens comme nous !"
C'est scandaleux cette vision du travail à l'anglo-saxonne et de la paresse à la française, c'est digne des pires clichés débiles d'abrutis colonialistes.
Scandaleux.
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