mardi 14 août 2007

Pipolitique, la faute à qui?


D'un côté, une partie de l'opinion publique qui tape sur les médias, accusés de verser systématiquement dans le people et le voyeurisme, y compris pour parler politique. De l'autre, ces mêmes médias qui se défendent d'un "c'est ce que veulent les gens", "c'est le président, il faut en parler", "c'est vendeur".

Résultat: un couple présidentiel aussi médiatisé qu'une famille royale. La France s'est trouvé son Albert de Monaco et sa Lady Di. Au "bistrot politique" du blogueur Nico, on peut lire le récit de quelques unes de ces informations cruciales que nous livrent les médias par rafales: le jogging du président, "(qui) portait un T-shirt noir siglé "G.I.P.N", l'acronyme du Groupement d'intervention de la police nationale", mais aussi "les propos d'une hôtelière de Wolfeboro qui affirme l'avoir vu jouer au tennis samedi soir sur un court privé de la ville", ou encore cette "information" cruciale: "lors du déjeuner informel entre le couple Bush et la moitié du couple Sarkozy il a été servi un menu de pique-nique traditionnel américain comprenant hot dogs et hamburgers".

Certains sont plus fins, qui sous couvert d'ironie et de distance critique, font dans le people. Prenons par exemple Libé ce matin, qui consacre sa Une à ... Cécilia Sarkozy: "Un bilan de la présidence Sarkozy: les cent jours de Cécilia". La justification de ce sujet de quatre pages: "Depuis son arrivée à l'Elysée, la "première dame" a multiplié les gestes inattendus, donnant une tournure très people aux premiers mois du quinquennat." Le côté "people", ce ne serait donc pas eux, les médias, ce serait elle, "Cécilia", comme ils l'appellent familièrement. "Cécilia", comme on disait "Grace" ou "Diana" ("Valeurs actuelles" ose d'ailleurs la comparaison avec sa Une du 27 juillet "L'été de Grâce"). Mais Cécilia Sarkozy n'a qu'une envie: qu'on lui fiche la paix. C'est le serpent qui se mord la queue...

Autre justification, assez courante en cas de pipolitique: on nous soutient qu'il y a là un véritable sujet, "un truc qui se passe". La preuve: l'ampleur du phénomène ...dans les autres médias. Vive le journalisme circulaire!
Jugez plutôt les Unes dédiées à la première dame ces dernières semaines:

"Elle" et son "mystère Cécilia, star ou antistar?" le 6 août (4 pages).

"Le Nouvel Obs" du 2 août parle carrément d'"énigme Cécilia" (10 pages).

"Gala" cette semaine: "Cécilia l'insoumise"

"VSD" le 25 juillet: "Cécilia Sarkozy et Rachida Dati: leur pacte intime" (5 pages)

Rien à voir avec le "Gala" de la mi-février:


"Paris Match" le 19 juillet: "Cécilia, une semaine particulière" (6 pages)
"Le Figaro Magazine" le 13 juillet: "Le sacerdoce de l'Elysée" (7 pages)

Tout serait donc "mystère", "énigme", "intime", "secret". On parle de "pacte", de "tiraillement" et ça "étonne", "intrigue", "fascine" tout le monde. Evidemment.

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