mardi 4 septembre 2007

Coup (de gueule) au théatre


Ce n'est pas une censure, c'est un coup de gueule. Oui, oui. Christine Albanel n'est pas contente, et elle le fait savoir. L'objet de sa colère? L'éditorial de la plaquette de la saison 2007-08 du théâtre de Belfort. Un texte qui prend la forme d'un courrier du "metteur en scène associé" au théâtre, Benoît Lambert, à son directeur Henri Taquet. Il y est question des "conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences" de l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

Du coup, la ministre de la culture a pris la plume. Dans une lettre du 29 août adressée à Henri Taquet, Christine Albanel juge ce texte "particulièrement déplacé" car "un théâtre investi d'une mission de service public et financé par l'Etat et les autres collectivités doit à son public le respect des choix et des opinions démocratiquement exprimés."
Et la ministre d'ajouter: "Vous foulez au pied cette exigence en attaquant, avec un sectarisme qui est la négation même de son action et de son style, un président de la République élu au terme d'une campagne exemplaire. Cela me choque profondément. Je tenais à vous le dire". Et paf.

Joint par l'AFP, le directeur du Granit s'est dit "plutôt estomaqué". "Quand j'ai lu la lettre de la ministre, je n'y ai pas cru, sur le coup. Cet éditorial traite avec humour une espèce de déception post-électorale, je ne vois pas où est le drame. On a le droit de trouver que ce texte n'est pas rigolo, mais je suis étonné qu'il soit pris au pied de la lettre. Est-ce qu'on n'a plus le droit à l'irrévérence ?"

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