
L'image choc de l'été, avant la crapule Francis Evrard, avant l'Olympie menacé par les flammes, avant les bourrelets du président, c'est ... le Vélib. Un bon cas pratique à enseigner dans toutes les écoles de journalisme: la hiérarchisation des informations. Et, accessoirement aussi, la confusion entre comm' et info.
Les médias nationaux et parisiens nous ont bourré le crâne à coups de Vélib. D'abord, il y a eu les articles annonçant l'arrivée du joyeux vélo, puis les "Vélib: mode d'emploi", et enfin les "bilans Vélib", un jour, cinq jours, un mois après. Aujourd'hui, place aux tribunes, aux articles "décryptage" du deux roues et de tous ses petits à côtés qui en font, assurément, un "phénomène de société". Les Vélibataires, le Vélib créateur de lien social, les Vélibourrés, les Vélibophobes, les Vélib-pourris, bref, du Vélib à toutes les sauces, légitimé par des analyses de sociologues. Vélib est social, Vélib est politique, Vélib est sexuel, Vélib est écolo et éco, et Vélib est surtout sacrément médiatique.
La palme revient à "Vélibération", avec ses deux Unes sur le "phénomène", sans parler de sa tripoté d'articles sur le sujet, les 14-15, 16 juillet, les 28, 29 août, le 4 septembre, et toutes ces petites brèves qui traînent par-ci par-là, et qui, insidieusement, contribuent à cette promo gratuite offerte à Delanoë. Les émissions de télé s'y mettent aussi. Lundi, pour la première de "L'édition spéciale", Samuel Etienne et sa chroniqueuse de "l'observatoire des tendances comportementales" faisaient l'apologie comique du Vélib.
Qu'on aime ou non Delanoë et Vélib, force est de constater que cette sur-médiatisation ressemble à de la comm', de la comm' qui pourrait bien avoir le goût d'une réélection mais qui ne concerne par ailleurs que trois millions de parisiens et 70 000 vélibeurs. Restent donc 59 millions de Français qui s'en fichent comme de l'an quarante...
Mais on en dira pas davantage ici, sous peine de contribuer à la Vélibésation...
A lire:
La sur-vélibésation dans Le Monde.
3 commentaires:
Pourtant agreable comme nouvelle. Meme si ca ne rejoint qu'une infime partie des Francais, ca peut en inspirer plusieurs (d'ailleurs je crois que Paris a ete inspire par Lyon). A l'heure du rechauffement climatique et de l'urbanisation, la promotion des velos n'est que rafraichissante.
Bien sur Delanoe en tire partie, mais il ne faut que le feliciter pour sa bonne planification et son coup marketing.
Et parce qu'une nouvelle est agréable, on devrait y consacrer des pages et des pages, des "Une" et des "Une" pendant trois mois? Hummm, ça me rappelle l'idée d'un certain Dassault, partisan des "bonnes nouvelles" et de l'information positive lors de son rachat, entre autres, du "Figaro" en 2004... Des propos qui avaient scandalisé les rédactions.
Personnellement, je trouve que le "Vélib" est une superbe idée, (que j'ai testée et appréciée), mais quand le "Vélo'v" a été lancé à Lyon ou le "vélo jaune" à La Rochelle, les médias n'en ont pas parlé...
Ce que je veux pointer du doigt, c'est le PARISIANOCENTRISME des journalistes français. Parce que dans la campagne du Loiret, par exemple, ils s'en fichent pas mal du "Vélib". Normal d'en parler au lancement, parce que c'est un bon concept, parce que Paris est la capitale de l'hexagone, parce que ça peut donner des idées à d'autres communes, mais pitié, pas tout l'été!
Le Loiret, par hasard, hein ?
hihih !
Montargis ?
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